Rechercher
  • Serious Gut

Troubles du sommeil, stress et SII : tout ce qu’il faut savoir pour aller mieux




[Sommaire]

  • Le lien entre sommeil et syndrome de l'intestin irritable

  • Rappel : Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable (SII) ?

  • Types de troubles du sommeil liés au SII

  • Les mécanismes à l’œuvre

  • Consulter un médecin

  • Comment améliorer votre sommeil

  • Autres pistes : la réduction du stress

  • Découvrez votre microbiote

  • Bibliographie



Le lien entre sommeil et syndrome de l'intestin irritable


De nombreux patients atteints du syndrome de l’intestin irritable (SII) signalent un lien entre la qualité de leur sommeil et leurs symptômes de SII. Leurs observations sont validées par des recherches qui montrent que les troubles du sommeil sont bien documentés pour les personnes atteintes du syndrome du côlon irritable. Les personnes qui souffrent de troubles du sommeil sont plus susceptibles d'avoir le SII que celles qui n'en souffrent pas.

En fait, les troubles du sommeil sont l'une des plaintes non intestinales les plus courantes des personnes atteintes du SII.


Dans cet article, nous allons rappeler ce qu’est le SII, quel lien il peut entretenir avec le sommeil, selon les études et la science, et explorer plusieurs pistes qui pourront vous aider à prendre ce symptôme en main.



Rappel : Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable (SII) ?


Le syndrome de l’intestin irritable (SII), autrement appelé le syndrome du côlon irritable (SCI) est un trouble gastro-intestinal courant. Bien qu’il ne soit pas grave, il peut avoir de réels impacts sur la qualité de vie des personnes concernées, par exemple sur la qualité de sommeil.


Ses symptômes sont désagréables, et sont souvent similaires à ceux que l’on peut trouver dans les cas d'hyper perméabilité intestinale (Leaky gut) ou du SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth - soit pullulation bactérienne de l’intestin grêle), pour n'en citer que quelques-uns. Par conséquent, la différenciation entre ces problèmes gastro-intestinaux peut être un problème en soi.



Types de troubles du sommeil liés au SII


Parmi les troubles du sommeil observés, citons la difficulté à s'endormir, le fait de dormir moins longtemps, les réveils fréquents pendant la nuit et le fait de ne pas se sentir reposé après une nuit de sommeil.



Comment cela se manifeste-t-il concrètement ?


Des études ont montré que les personnes atteintes du SII sont plus susceptibles d'aller à la selle pendant la nuit que la population générale où elles pourraient avoir besoin d'uriner.


Cela vous arrive aussi d’avoir des douleurs abdominales intenses pendant ces réveils ? Déjà que le fait se réveiller une à multiples fois pendant la nuit peut provoquer une réelle fatigue le lendemain, le fait de souffrir pendant la nuit rend certainement beaucoup plus difficile de bien attaquer la journée.


Certains pensent que les troubles du sommeil font partie d'un cercle vicieux de mauvais sommeil conduisant à une hypersensibilité de l'intestin puis à des symptômes intestinaux entraînant un mauvais sommeil.





Quels sont les mécanismes à l’œuvre ? Explorons les études à ce sujet.


Les chercheurs espèrent qu'une meilleure compréhension de la relation entre le sommeil et le SII permettra de mieux comprendre les causes sous-jacentes de ce trouble. Les recherches en cours ont permis de dégager quelques conclusions préliminaires :



Une mauvaise nuit de sommeil peut conduire à une mauvaise journée de SII


Les symptômes matinaux du SII semblent être liés à la qualité de votre sommeil la veille. Plus vous dormez mal, plus vos symptômes seront pénibles. Cette mauvaise nuit de sommeil est également susceptible d'affecter la façon dont vous vous sentez à la fin de la journée. Sachant cela, vous voudrez peut-être vous préparer à d'autres symptômes du SII si vous n'avez pas eu une bonne nuit de sommeil.



Un mauvais jour de SII ne prédit pas le sommeil de la nuit suivante.


Heureusement, une mauvaise journée de SII ne semble pas affecter la qualité du sommeil la nuit. Si vous ressentez des symptômes pendant la journée, vous n'avez pas besoin d'ajouter à votre liste de choses qui vous stressent l'inquiétude sur la façon dont vous allez dormir cette nuit-là.



Il peut y avoir des différences entre les sous-types de SII

  • On sait qu’il existe différents sous-types de SII. Il n’est pas étonnant donc que les effets varient entre ces différents types. De plus en plus, les chercheurs prennent en compte ces sous groupes dans le cadre de leurs études.

  • Pendant le sommeil, des différences ont été constatées dans les niveaux neuroendocriniens (hormones) entre les patients qui ont un SII à prédominance constipation (SII-C) et ceux qui ont un SII à prédominance diarrhée (SII-D). Pendant le sommeil également, des différences dans le fonctionnement du système nerveux autonome, mesurées par les changements de rythme cardiaque, ont également été constatées entre les différents sous-types de SII.


Troubles du sommeil: Objectif vs. subjectif


On sait que chaque personne, en plus d’avoir des manifestations différentes de ses pathologies à des ressentis différents. On peut ressentir la douleur plus ou moins intensément, se retrouver plus ou moins stressé que d’autres par un évènement. C’est pour lisser toutes ces différences que certaines études se sont penchées sur des mesures du sommeil qui sont pour but d’être plus “objectives” que le ressenti des patients. Les patients atteints du SII peuvent avoir une mauvaise perception de la qualité de leur nuit de sommeil.


Des études qui mesurent objectivement la qualité du sommeil par polysomnographie ont révélé des divergences entre les rapports des patients sur la mauvaise qualité de leur sommeil et les données objectives. Une des caractéristiques du SII est qu’il est souvent associé au stress.


Dépression et troubles du sommeil


Parfois, c’est la double-peine. Les troubles du sommeil ont tendance à être plus prononcés chez les patients atteints du SII qui souffrent également de dépression.



Parler à un médecin


Les troubles du sommeil peuvent affecter votre qualité de vie. Il est préférable, de discuter avec votre médecin si vos symptômes intestinaux perturbent votre sommeil. En effet, la bonne nouvelle est que tout est lié. Le traitement des troubles du sommeil améliorera très souvent votre qualité de vie globale. Surtout dans le carde du syndrome de l’intestin irritable, ou le sommeil, le stress, et les troubles digestifs sont étroitement liés.


Maintenant que nous avons identifié qu’il existait un réel lien, à la fois au niveau du ressenti individuel, et des résultats sortants de nombreuses études portant sur le sujet, il est temps de vous donner des conseils pour agir.




Comment améliorer mon sommeil ?


Une bonne hygiène de sommeil est très importante. Voici quelques conseils pour améliorer votre qualité de sommeil.



Apprenez à connaître vos besoins de sommeil, pour mieux les respecter


Que vous soyez petit ou gros dormeur, le besoin de sommeil, déterminé génétiquement, varie d’une personne à l’autre.



Privilégiez des horaires de sommeil réguliers


Pour ménager notre horloge biologique, il est préférable de se coucher et se lever tous les jours à une heure régulière facilitera donc un sommeil réparateur.


Ne loupez pas votre train de sommeil

Autre rythme biologique dicté par notre horloge interne : les cycles du sommeil. Vous savez sûrement le repérer, grâce aux bâillements, paupières lourdes, yeux qui piquent.



Créez un environnement propice au sommeil réparateur


Même endormi, nous percevons une grande partie de notre environnement. Par exemple, un bruit peut ne pas vous réveiller, mais vous sortir de votre sommeil profond. Pour cela vous pouvez vous atteler à faire vos réglages (température autour de 18-19*, limiter la pollution sonore, évitez de mélanger travail et sommeil au lit, favorisez une bonne literie).



Pas d’écran le soir avant d’aller dormir


La lumière bleue des écrans bloque votre sécrétion de mélatonine, décale votre horloge interne et retarde votre endormissement. Pour cela, il vaut mieux éteindre les écrans 30 minutes avant de se coucher.



Évitez la caféine après 16 heures


Il ne faut pas oublier que les effets de la caféine (même s’ils sont agréables sur le moment, durent longtemps). Elle peut donc retarder l’endormissement, et augmenter les réveils nocturnes.



Pratiquez un exercice physique en journée


Il est conseillé de se fatiguer pendant la journée car cela améliore la qualité de sommeil. En revanche, la pratique du sport avant le coucher peut retarder l’endormissement.



Ne mangez pas trop, et mangez longtemps avant le coucher


Les plats légers favorisent le sommeil. À savoir que certains aliments, tels que la viande rouge et les protéines favorisent l’éveil.



Évitez le tabac et l’alcool le soir


Parmi toutes les raisons de limiter la consommation de ces deux produits, le sommeil n’est pas épargné. L’alcool a une action sédative en début de nuit, mais c’est un faux-ami du sommeil réparateur. Et la nicotine, quant à elle est connue pour être un stimulant, pas idéal donc pour un bon sommeil réparateur.



Préparez votre réveil


Comme nous l’avons vu, il peut exister un décalage entre la qualité de sommeil réelle, et la qualité de sommeil perçue. C’était notamment le cas chez les patients souffrant d’un SII. Préparer une routine matinale agréable peut donc aider à améliorer la perception que vous avez de votre sommeil. Vous êtes plutôt journal, petit-déjeuner, radio ?





Aller plus loin : sommeil et stress.


Bien que les études ne démontrent pas que le stress ne soit pas à lui seul responsable du SII, il est de plus en plus évident qu'il existe une relation importante entre l'intestin et le cerveau. Il existe de nombreuses façons de soutenir cette relation entre l'intestin et le cerveau et ces pratiques peuvent être des outils importants pour la gestion du SII.


Le stress psychologique est un facteur important pour le développement du syndrome de l’intestin irritable. De plus en plus de preuves cliniques et expérimentales montrent par exemple que le SII est une combinaison de côlon irritable et de cerveau irritable.


Une étude longitudinale réalisée sur 72 patients atteints de SII a étudié l’impact de la réduction du stress sur la sévérité des symptômes du SII. Bien que cette étude soit limitée par le fait que les patients évaluent eux même leur niveau de stress, et est donc susceptible a des biais importants, les résultats étaient positifs. Ceci suggère, tout comme un nombre d’études que le stress peut être lié à la sévérité des symptômes.



Réduire le stress chronique


Il existe une multitude de thérapies qui se penchent sur cet axe-là. Voici quelques pistes pour utiliser la réduction du stress comme stratégie pour la gestion des symptômes SII.



L’exercice physique

  • Un exercice cardiovasculaire modéré augmente le flux sanguin dans tout le corps, fournissant des nutriments et de l'oxygène au système digestif.

  • Par exemple, la pratique du yoga, de la course ou de la natation quelques fois par semaine peut aider à réguler les contractions intestinales, soulageant ainsi les douleurs abdominales.

Acupuncture, acupression et méditation :

  • Certaines de ces techniques thérapeutiques qui peuvent soulager les douleurs abdominales en aidant votre esprit et vos muscles à se détendre.

  • La méditation est une forme de relaxation profonde qui est utilisée depuis des siècles par les gens du monde entier. Beaucoup de gens trouvent que la méditation aide à rétablir l'équilibre émotionnel, à réduire le stress et à augmenter l'énergie.

Hypnothérapie

  • Certaines études montrent que l'hypnose - dans laquelle un praticien vous aide à atteindre un état de relaxation profonde - peut aider à soulager les symptômes du SII sans médicament ni changement de régime alimentaire.

Psychothérapie

  • L'anxiété ou la dépression peuvent déclencher les symptômes du SII ou les faire s'aggraver. De nombreuses personnes trouvent que parler de leurs préoccupations en thérapie peut aider à soulager les malaises digestifs.



Découvrez votre microbiote


Votre microbiote cache une variété de trésors, et d’informations. Pour aller plus loin dans la compréhension de vos troubles intestinaux, saviez-vous qu’il est possible de faire analyser votre microbiote intestinal. The Serious Gut propose un rapport complet et détaillé ainsi que des recommandations alimentaires, pour commencer à agir à la source de vos troubles.


___


Bibliographie

Ballou, Sarah et al. “Sleep Disturbances Are Commonly Reported Among Patients Presenting to a Gastroenterology Clinic.” Digestive diseases and sciences vol. 63,11 (2018): 2983-2991. doi:10.1007/s10620-018-5237-7

Buchanan, Diana Taibi et al. “Sleep measures predict next-day symptoms in women with irritable bowel syndrome.” Journal of clinical sleep medicine : JCSM : official publication of the American Academy of Sleep Medicine vol. 10,9 1003-9. 15 Sep. 2014, doi:10.5664/jcsm.4038


Burr R, et.al. Catecholamine and cortisol levels during sleep in women with irritable bowel syndrome. Neurogastroenterology & Motility 2009 21: 1148-e97. doi:10.1111/j.1365-2982.2009.01351.x

Chen, Hung-Da et al. “Similarities and differences between IBS-C and FC with regards to symptomatology, sleep quality and psychological attributes.” Journal of the Formosan Medical Association = Taiwan yi zhi vol. 119,1 Pt 1 (2020): 75-80. doi:10.1016/j.jfma.2019.02.017 Cryan, John F et al. “The Microbiota-Gut-Brain Axis.” Physiological reviews vol. 99,4 (2019): 1877-2013. doi:10.1152/physrev.00018.2018 IBS Global Impact Report 2018:: https://badgut.org/wp-content/uploads/IBS-Global-Impact-Report.pdf Qin, Hong-Yan et al. “Impact of psychological stress on irritable bowel syndrome.” World journal of gastroenterology vol. 20,39 (2014): 14126-31. doi:10.3748/wjg.v20.i39.14126 Tu, Q et al. “Sleep disturbances in irritable bowel syndrome: a systematic review.” Neurogastroenterology and motility : the official journal of the European Gastrointestinal Motility Society vol. 29,3 (2017): 10.1111/nmo.12946. doi:10.1111/nmo.12946 Whitehead, William E. “Hypnosis for irritable bowel syndrome: the empirical evidence of therapeutic effects.” The International journal of clinical and experimental hypnosis vol. 54,1 (2006): 7-20. doi:10.1080/00207140500328708


80 vues0 commentaire