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Le surprenant développement des troubles digestifs chez les français·es

Mis à jour : août 25



Sommaire

  • La prévalence accrue des troubles digestifs chez les français·es

  • Présentation de l'enquête IFOP sur les troubles digestifs (2017)

  • Contexte et objectifs de l'enquête

  • Méthodologie de l’enquête

  • Résultats

  • La prévalence des troubles digestifs

  • Les réactions au regard des troubles digestifs

  • Les comportements & délais de consultation

  • La fréquence des situations “embarrassantes”

  • Interprétation des résultats

  • Démographie : les différences hommes/femmes

  • Age et troubles digestifs : une fracture générationnelle

  • On en conclut quoi ?

  • Bibliographie


La prévalence accrue des troubles digestifs chez les français·es


Et si on vous disait qu’un·e français•e sur deux souffre d’un trouble digestif ?

C’est ce qu’a rapporté l’IFOP dans un sondage sur les troubles digestifs datant de 2017, le dernier à date sur le sujet, pour l’institut.


Ce n’est pas un secret que les troubles digestifs sont extrêmement courants. Le livre “Les charmes discrets de l’intestin” de Giulia Enders, notamment a amené le sujet du microbiote intestinal dans les médias grand public, en 2014.


Depuis, des milliers d'études scientifiques ont continué de creuser le lien entre microbiote intestinal et troubles digestifs. Il s'avère notamment, que certains comportements issus de la vie moderne ont pu avoir un effet néfaste sur le microbiote intestinal. Effets qui se manifestent entre autres par des symptômes digestifs. Les comportements les plus influents sont : le fait d'avoir une vie surexposée au stress, urbaine et sédentaire. De plus, la prise excessive d’antibiotiques (surtout à un très jeune âge), le voyage, l’alimentation industrielle.


Ces habitudes ont pu contribuer à l'accroissement des dysbioses du microbiote intestinal (une dysbiose est un déséquilibre de l’écosystème bactérien qui est souvent associé à la maladie).



Enquête IFOP sur les troubles digestifs (2017)


Contexte et objectifs de l’enquête


Dans un sondage qui date de 2017, l’IFOP a réalisé - en collaboration avec PileJe - une enquête sur la nature et la prévalence des troubles digestifs en France.


Là ou les études scientifiques sont très adaptées -lorsqu’elles sont bien pensées et exécutées bien entendu - pour déchiffrer les causes et les conséquences des troubles au niveau biologique, les sondages peuvent apporter des éléments de réponse à plus grande échelle sur les ressentis chez les patients.


Méthodologie de l’enquête


Ce sondage a été conduit auprès d’un échantillon d’environ 1000 personnes. L'échantillon se veut représentatif de la population française (18 ans et +).


Comme toujours dans ce type d’étude, où les sujets répondent sur leurs ressentis à partir de leurs souvenir, le risque que de biais cognitifs est élevé. À garder en tête, si l’on enfile notre casquette scientifique. 😉


Vous pouvez en apprendre plus sur les biais de désirabilité sociale, les biais affectifs, l’effet de récence.


La représentativité de l’échantillon de cette étude a tout de même été assurée par la méthode des quotas.



Les résultats de l'enquête


La prévalence des troubles digestifs




La statistique la plus importante - tout du moins, si l’on cherche à se rassurer sur le fait qu’on n’est pas seul·es à souffrir - est la suivante : 48 %, ou 1 français sur 2, souffre d’au moins un type de trouble digestif.


Nous allons creuser ce qui est inclus dans les "troubles digestifs". Cependant, il en ressort, que vous connaissez forcément beaucoup de personnes affectées. Parmi les troubles les plus fréquemment évoqués par les répondants, on retrouve, les douleurs abdominales, le transit irrégulier (diarrhées, constipations, ou alternance des deux), les ballonnements, les intolérances alimentaires.

Parmi les plus fréquents également, qui n'ont pas été relevés dans ce sondage sont les reflux gastro-oesophagiens. Vous pouvez en apprendre plus ici.


Nous pouvons catégoriser les troubles listés selon trois catégories :

Ceux qui posent des “indispositions conséquentes”.

  • 25 % des répondants disent avoir des douleurs abdominales et gaz fréquents.

  • 22 % disent avoir un transit irrégulier.


Ceux qui se révèlent être des "facteurs d'inconfort de la vie courante".

  • C’est le cas pour 13 % des répondants qui se disent ballonné·es le soir, alors qu’ils/elles déclarent avoir le ventre plat le matin.

  • Ou encore les 12 % qui ont des difficultés à tolérer certains aliments. (Les intolérances alimentaires les plus fréquentes sont les produits laitiers, ou les intolérances dues au gluten).


Finalement, les maladies digestives :


Attention, cette dernière statistique entre en contradiction avec d’autres sources de données.

Par exemple, le syndrome de l’intestin irritable (SII) toucherait entre 5-15 % de la population en France, selon les sources.


Cela s’explique peut-être par la représentativité de l'échantillon, ou du fait qu’une grande partie des personnes souffrant d’un SII ne sont pas encore / mal diagnostiquées. Pour en savoir plus sur les critères de diagnostic, allez découvrir les critères de Rome IV, dernièrement mis à jour en 2016.



Les réactions au regard des troubles digestifs



Et vous, êtes-vous plutôt du genre à vous alarmer rapidement, et aller consulter un avis médical, ou un professionnel de santé dès les premiers signes d’un dérèglement ?


Environ la moitié des français·es affectés disent ne pas prêter attention à l’inconfort. Dans la plupart des cas, c’est car ils/elles n’y prêtent pas attention, ou car ils·elles s'attendent à ce que cela soit passager.

Au contraire, 26 % des françai·es ont un comportement actif et proactif. Il existe un grand nombre de ressources en ligne, de connaissances acquises sur le lien entre mode de vie et digestion. Ces 26 % prennent des actions autonomes pour tenter de maîtriser l'inconfort.


Nous pouvons imaginer qu’il s’agit de modifications temporaires du régime, favorisant des aliments riches en fibres en cas de constipation par exemple, ou une augmentation de l’activité physique. Ceci peut avoir des effets favorables sur la fonctionnalité du tractus gastron-intestinal. Notamment, il peut aider à la protection contre la constipation ou le cancer du côlon.


28% des français reposent sur des solutions externes, qui se font de plus en plus nombreuses. Ce sont par exemple, le fait d’aller consulter un professionnel de santé, ou de prendre des compléments alimentaires ou probiotiques.



Comportements & délais de consultation




Il y a plusieurs raisons d'aller consulter un·e professionnel·le de santé, dans le cas de troubles digestifs.


On peut considérer que les symptômes ne disparaîtront pas seuls, et sont donc un signal appelant l'action ; on peut avoir envie de s'informer, de se rassurer, ou simplement de comprendre. Il est toujours conseillé d'aller consulter un·e professionnel·le de santé dans le cas où quelque chose vous paraisse anormal.


Point data : Attention, cette statistique ne concerne que les personnes concernées par un trouble digestif, et faisait appel à un professionnel de santé. Donc seulement environ 100 personnes. Un peu plus de la moitié d’entre eux/elles (54 %) un·e professionnel·le de santé dans la semaine. 46 % d’entre eux/elles attendent au moins 2 semaines pour consulter.


Il n’y a pas de précision sur les types de professionnels de santé consultés. Les plus fréquents sont généralement les médecins généralistes, les gastroentérologues, les pharmacien·nes ou les nutritionnistes.



Fréquence des situations “embarrassantes”


11 % ont des personnes souffrant de troubles digestifs s’éclipser lors d’un rendez-vous amoureux



Un microbiote en dysbiose (déséquilibre) peut mener à des symptômes perceptibles chez le sujet (comme évoqué plus haut : ballonnements, diarrhées, constipations, douleurs abdominales, etc.). Ces symptômes, à leur tour peuvent provoquer des gênes ou inconforts dans la vie de tous les jours, au delà de l'inconfort psychique. Il est important de contribuer à la libération de la parole autour de ce sujet. En effet, les troubles digestifs sont fréquents, et le stress associé aux symptômes physiques et aux complications sociales qui peuvent en découler ne sont pas anodins.

Dans les pathologies comme le syndrome de l’intestin irritable notamment le stress de l’apparition des symptômes, l’incompréhension des proches et de l’entourage sont des facteurs qui peuvent accentuer les symptômes, ou tout au moins les perpétuer. C'est souvent ainsi que les patients se retrouvent pris dans un cercle vicieux. L'enquête IFOP relève que 41 % (de ceux·elles ayant des troubles digestifs) avaient dû s'éclipser lors d’une rencontre avec des amis ou de la famille. 16 % ont dû quitter une réunion professionnelle (soit environ 5 millions de personnes, pour référence).



Interprétation des résultats


Démographie et les différences hommes/femmes


Les données présentées ci-dessus étaient agrégées à partir de l’échantillon (et donc représentatives de la population des 18-25 ans). Cependant, il s’agit d’aller plus loin dans le détail pour déconstruire cet échantillon. Selon les rédacteurs de l’étude IFOP, les réponses diffèrent par âge et par sexe.


En effet, il existait “un écart important entre les réponses des hommes et celles des femmes. Ces dernières sont ainsi proportionnellement plus nombreuses à affirmer souffrir de troubles digestifs au quotidien


54 % des femmes sont affectées, contre 41 % des hommes

Cet écart peut s’avérer encore plus prononcé pour des troubles comme le SII. Par exemple, selon une enquête, les femmes sont 2.5 fois plus susceptibles d'être atteintes du syndrome du côlon (ou intestin) irritable, que les hommes. La société de gastroentérologie Américaine propose une ressource répertoriant les différences entre les symptômes, et les traitements en fonction des sexes.


Selon eux, cet écart s’explique par deux phénomènes :

  • Premièrement, les femmes sont largement surreprésentées dans les troubles digestifs.

  • Deuxièmement, pour des raisons de socialisation, les femmes semblent avoir une “plus forte conscience, ou admission de ces problèmes”.


Une fracture générationnelle ?


Les jeunes sont vraisemblablement moins affectés par les troubles digestifs. En effet, au delà de la malnutrition qui devient une pratique de plus en plus fréquente chez les personnes âgées, ces dernières peuvent subir une dégradation des fonctions du tractus gastro-intestinal. Attention, cette dégradation ne s'opère sans doute pas dans les tranches d'âge fortement représentées dans ce questionnaire.


Dans cette étude notamment, 42 % des 18-25 ans se disent être affectés par des troubles digestifs. Ce résultat est de 52 % parmi les 65 ans et plus. Il n’y a pas de relation linéaire observée entre l’âge et la prévalence.


Les auteurs spéculent que cela doit être lié à des sensibilités différentes, dépendant de chaque personne. Ce n’est pas si étonnant, puisque chaque microbiote à une composition totalement unique. C’est aussi une des raisons qui fait que les traitements sont si complexes à trouver. Vous pouvez en lire plus sur le site de The Serious Gut, ici.


On distingue une différence de perception de ces troubles en fonction de ces deux groupes d’âge.

  • En effet, on pourrait s’attendre à ce qu’une personne plus âgée ait eu le temps d’être exposée à davantage de situations “embarrassantes” liées à ses troubles.

  • En revanche, les jeunes sont surreprésentés dans le fait de déclarer avoir vécu de telles situations.


“Contrairement aux plus âgés, qui peuvent considérer ces troubles comme relativement banals, les plus jeunes y seraient peut-être moins tolérants et plus prompts à ressentir de l’embarras, souhaitant ainsi abréger les situations gênantes liées aux troubles intestinaux.” (IFOP, 2017)


On en conclut quoi ?


Vous n’êtes pas seul·es, bien au contraire. Des millions d’entre vous cherchent des solutions à ces troubles.

Ces troubles digestifs sont étroitement liés à une multitude de facteurs de “lifestyle” comme l’alimentation, l'exercice physique, le stress ou encore la pollution. Il est donc difficile de trouver une solution qui peut nous convenir. The Serious Gut est là pour vous proposer une solution personnalisée, basée sur votre profil biochimique.


Consultez notre site pour découvrir les vertus d’une analyse de microbiote, ou encore l’intérêt de personnaliser ses probiotiques.

N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire des retours sur cette publication. Gus@theseriousgut.com 🦠


La curiosité est récompensée 😉



Bibliographie


"Troubles digestifs : quand faut-il consulter ?" IFOP 2017, https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/03/3860-1-study_file.pdf


Critères ROME IV: https://irritablebowelsyndrome.net/clinical/new-rome-iv-diagnostic-criteria/


Jean-Christophe Létard, Stanislas Bruley des Varannes, Vianna Costil, LE REFLUX GASTRO-ŒSOPHAGIEN. Société Nationale Française de Gastro-entérologie.


Rebecca Ensley, DO, and Alissa Speziale, MD, FACG, FACP, Naval Medical Center San Diego, San Diego, CA – Updated July 2013. Common GI Problems in women: https://gi.org/topics/common-gi-problems-in-women/


Corsetti, M., Tack, J., Attara, G. & Sewell, M. IBS global impact report 2018: uncovering the true burden of irritable bowel syndrome (IBS) on people’s lives. GI Society https://badgut.org/wp-content/uploads/IBS-Global-Impact-Report.pdf (2018).


de Oliveira, Erick Prado, and Roberto Carlos Burini. “The impact of physical exercise on the gastrointestinal tract.” Current opinion in clinical nutrition and metabolic care vol. 12,5 (2009): 533-8. doi:10.1097/MCO.0b013e32832e6776

Kim, Young Sun, and Nayoung Kim. “Sex-Gender Differences in Irritable Bowel Syndrome.” Journal of neurogastroenterology and motility vol. 24,4 (2018): 544-558. doi:10.5056/jnm18082


Rémond, Didier et al. “Understanding the gastrointestinal tract of the elderly to develop dietary solutions that prevent malnutrition.” Oncotarget vol. 6,16 (2015): 13858-98. doi:10.18632/oncotarget.4030.


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